05.07.2007
Lendemain d'AG...
La section du Parti socialiste du 20e arrondissement vient d'avoir son assemblée générale hier soir. Etrange sensation. Sensation de quasi étrangeté. C'était bien une AG du PS ? Une AG consécutive à 2 terribles défaites ?...
Nous avons accueilli les nouveaux adhérents, nombreux en cette fin de campagne. Une grande partie était anthousiaste. Fiers d'avoir pour certains mener leur première campagne électorale. On le comprend et on ne peut que s'en féliciter. Il faut être fier de militer. Cela nous grandit et nous émancipe individuellement et collectivement. Mais prenons conscience de l'aggravation sans précédent de la crise que nous traversons. Faisons l'effort d'analyser les causes de ces défaites.
Au vu du nombre de personnes qui souhaitaient intervenir dans le débat, je n'ai pu exposer tout ce que je souhaitais. je vous livre ici mes analyses et vous invite à me faire part des vôtres. Bonne lecture !
Nous venons d’essuyer deux terribles défaites qu’il nous faut admettre et analyser si nous voulons partir à la reconquête du pouvoir nationalement et garder Paris à gauche. Face à la France d’après que notre nouveau Président de la République N. Sarkozy veut nous imposer, il nous faut réinventer « la Gauche d’après », une gauche de combat, décomplexée, à la hauteur des enjeux de la nouvelle période politique qui s’ouvre.
Admettre et comprendre la défaite, telle est notre première tache. Pourquoi et comment la droite a-t-elle gagné ? Pourquoi la gauche a t-elle perdu ?
C’est une droite décomplexée, libérale et sécuritaire qui a gagné les élections, dans une France en plein état d’urgence politique marquée par l’exaspération politique. N. Sarkozy a réussi à construire un projet idéologique assumé réunifiant les droites et un parti de combat pour le porter. Il a reconnu la crise et n’a pas cherché à vanter la société telle qu’elle est. Comme Bush et Berlusconi, il a amalgamé idéologie libérale et discours sécuritaire, en rendant les pauvres responsables de leur sort et responsables des difficultés des autres. Une partie de l’électorat populaire a adhéré à son discours, préférant voter avec les puissants qu’avec « ceux qui ne paient pas leur billet de train », suivant les injonctions des médias de la culture de masse. La victoire de Sarkozy est avant tout la victoire de l’idéologie culturelle dominante.
Si depuis le séisme de 2002, la droite s’est profondément remise en cause et remise en ordre de combat, la gauche, elle, semble avoir attendu un retour de balancier mécanique, misant sur un simple rejet de la droite. Le vote utile a eu son efficacité pour réduire l’espace à gauche de la candidate Ségolène Royal, mais il n’a pas permis d’entraîner la société. Avec 36%, la gauche a ainsi fait son plus mauvais score de ces cinquante dernières années. Le « tout sauf Sarkozy » a de plus permis à F. Bayrou de capter une partie du vote utile, du rejet du système, cristallisant un effet nouveauté. Mais surtout, la gauche n’a pas fait son travail d’éducation populaire que doit représenter une campagne électorale. Avons-nous réellement contre argumenté et proposé des réponses de gauche à la crise de la société ? Qu’avons rétorqué au « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy ? La campagne de Ségolène Royal est finalement restée, certes avec d’autres réponses, sur le même terrain que celui de la droite, laissant sous entendre que la France serait malade d’un manque d’autorité plutôt que d’égalité. La gauche a été moins convaincante tout simplement parce qu’il lui a manqué un projet alterna tif cohérent. L’ordre juste n’incarne pas un projet politique alterna tif au projet libéral sécuritaire de la droite. En tournant le dos à un projet de redistribution des richesses, on a créé les conditions pour qu’une partie de l’électorat populaire nous tourne le dos à son tour.
Et pourtant. En une semaine de campagne entre les 2 tours des législatives, nous avons réussi à améliorer considérablement notre résultat parce que toute la gauche s’est mobilisée dans l’opposition frontale à la TVA sociale du gouvernement. Preuve qu’en mettant la question sociale au cœur de notre campagne on peut reconquérir les nôtres en unifiant la gauche sur un discours audible et concret.
Sur Paris nous avons pu constater un excellent report des voies à gauche et un total de voix qui dépasse ces reports. L’analyse plus fine des scores du Modem, montre qu’une partie de cet électorat c’est reporté sur la droite, une partie c’est abstenu et une autre a soutenu nos candidatures. Sans que nous n’ayons eu besoin, il est important de le souligner, de mener ni d’accords de report de voix ni d’accords programmatiques. Aussi, une partie de l’électorat populaire qui s’était abstenu au premier tour nous a soutenu au second. Entre les deux tours, la dynamique politique à gauche a fait basculer l’abstention dans l’autre camp.
Sur Paris, il est essentiel de reconnaître que le « grand chelem » a été remporté sans aucune alliance avec le centre. C’est bien sur une ligne de gauche, et avec une stratégie de rassemblement de la gauche que les circonscriptions ont été soit conservées soit conquises. Pour les prochaines municipales, c’est en rétablissant le clivage gauche/droite, en nous opposant frontalement à la droite gouvernementale, en portant la question sociale au cœur de notre projet et en créant les conditions de l’implication populaire que nous pourrons garder Paris à gauche.
Notre section vient également de traverser une crise profonde qu’il va bien falloir dépasser.
Le refus de la direction du parti d’organiser un vote des militants, ne serait-ce que pour ra tif ier son choix de désigner George Pau Langevin, a été très mal vécu par un très grand nombre parmi nous. Michel Charzat a pris l’initiative de se présenter en dissidence du Parti. Bien que sa candidature ait eu une légitimité, je n’ai pas souhaité la soutenir. Sans recomposition nationale de la gauche, cette dissidence n’a incarné qu’une stratégie locale personnelle. Le résultat obtenu de 14% ne fait que confirmer cette analyse. Pour autant, je n’avais pas non plus souhaité faire la campagne, pendant le premier tour, de George Pau Langevin, que je respecte. Je ne pouvais cautionner les conditions même de sa désignation. J’ai préféré m’engager dans la campagne pour Danièle Hofmann Rispal sur la 6ème circonscription.
Tout cela est aujourd’hui derrière nous. Nombre de militants socialistes convaincus et sincères dans leurs engagements se sont retrouvés dans les deux campagnes. L’heure doit être, non pas aux règlements de compte ou chasse aux sorcières, mais bien au rassemblement. Seul le débat sur le terrain des idées et des stratégies doit nous opposer, en toute fraternité.
Dès maintenant, notre tache principale doit être celle de l’opposition à la droite. Projet de Loi sur l’immigration, service minimum, autonomie des universités, mesures fiscales, franchises médicales, prévention de la délinquance, ogm, … autant de terrain de remises en cause d’acquis sociaux et républicains inacceptables. Les militants socialistes doivent avoir une obsession : celle de résister ! Vous savez tous l’énergie que j’ai mise au service de l’opposition aux Lois Sarkozy, en contribuant à l’organisation du travail unitaire contre la CPE aux côtés des lycéens ou en mettant ma délégation municipale au service des militants du réseau éducation sans frontière contre les lois sur l’immigration et les expulsions. Aux côtés de nos deux députés Danièle Hofmann Rispal et Georges Pau Langevin, et de notre maire Michel Charzat , les militants socialistes doivent occuper le terrain avec l’ensemble de la gauche dès cet été contre les nombreux projets que l’on souhaite nous imposer à la hussarde. Il nous faut pour cela ne faire aucune concession. La fausse ouverture politique orchestrée par Sarkozy en direction de personnalités de gauche comme Kouchner, Besson ou Fadéla Amara n’a qu’un objec tif : affaiblir la gauche. Nous devons condamner sans réticence ces trahisons qui contribuent au brouillage droite/gauche et affaiblissent notre camp. Mais nous devons également être clairs dans notre analyse de la politique menée par notre nouveau Président : Notre opposition doit être sans faille contre le faux mini traité européen qui méprise le vote Non exprimé le 29 mai, ne revient pas sur la concurrence libre et non faussée et ne préserve aucunement les services publics.
L’urgence est au combat et au débat, à la redéfinition de notre identité, de notre projet, de notre stratégie. Si chacun s’accorde aujourd’hui à considérer comme vital pour la gauche de se repenser, de se réinventer, je suis comme beaucoup très inquiète à l’écoute de certaines déclarations fracassantes, nous exhortant de nous conformer au modèle social démocrate européen. Ce modèle à l’œuvre en Europe mène clairement une politique de droite en Angleterre et a cédé le pouvoir à la droite en Allemagne. La faillite de la sociale démocratie semble bien aussi complète que celle du communisme d’état. Si la gauche d’hier n’est plus, pour construire la gauche d’après, il ne s’agit pas de remettre en cause les 3 éléments clés faisant la spécificité du socialisme français, à savoir un projet de redistribution des richesses, une stratégie définie depuis le congrès d’Epinay d’union des gauches et un parti pour l’organiser et le porter, à savoir un parti avec des courants qui assume en son sein le débat démocratique. Si certains s’apprêtent à renoncer au socialisme, que les autres qui n’y renoncent pas portent le débat de l’enjeu d’une force nouvelle !
Je fais confiance en notre secrétaire de section Sandra Chélélékian et en l’équipe de militants membres ou non de notre commission administrative pour porter l’exigence de ce débat. Pour qu’entre nous nous puissions débattre réellement et sereinement.
L’impérieuse nécessité de résister efficacement nous dicte le dépassement de nos déchirements d’hier. Notre section doit enfin se rassembler. Elle ne peut le faire que si la confrontation démocratique des idées reprend enfin ses droits et toute sa légitimité. Je compte bien m’investir dans ces combats avec toujours le même soucis auprès des socialistes et de toute le gauche : nous rendre utile !
www.daniellesimonnet.hautetfort.com
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03.07.2007
En avant pour la gauche d'après !
| Fatiguée mais ravie ! je reviens d'un we près de Bordeaux. Je n'ai rien vu de la ville et je m'en moque bien. Pendant 2 jours, je participais avec 200 camarades délégués de toute la France à la Convention Nationale de PRS. Nous avions déjà sur Paris quelques jours auparavant préparé cette convention en Assemblée générale départementale. Un projet de résolution avait été discuté. Après une année politique si chargée, on pourrait se demander où on arrive à puiser encore toute cette énergie ! mais dans nos tripes parbleu ! dans nos convictions les plus profondes ! On ne peut se résigner à ce terrible échec de la gauche à la présidentielle et à la législative. Face à la "France d'après" que Sarkozy veut imposer, quelle gauche d'après allons nous construire ? |
| Ces deux journées de débat collectif de la convention nationale ont permis de nourrir et d'adopter un document discuté ces derniers jours par l'ensemble des adhérents de PRS. Intitulé "la gauche d'après", celui-ci détaille la proposition de l'association pour la réinvention de la gauche. La conviction que nous y exposons est que le moment est venu d'une force politique nouvelle à gauche pour sortir celle-ci de l'impasse où elle se trouve. Nous disons pourquoi une telle force nous semble désormais nécessaire, et nous disons aussi comment nous la concevons. Je vous invite à lire le document et à réagir. Vous pouvez transmettre vos commentaires sur ce blog ou mieux, vous mettre en contact avec nous. D'ores et déjà dans le 20e nous avons organisé une rencontre discussion entre 5 camarades de PRS et 5 camarades du PC. Nous venons de proposer ce mêmes type de rencontres aux militants qui ont fait la campagne pour josé Bové, aux camarades tendance unitaire de la LCR. Dans le parti Socialiste nous entendons également porter le débat. Et il y a matière ! Certains souhaitent faire du prochain congrès la grande braderie du socialisme. l'union de la gauche issue du congrès d'Epinay ? A la poubelle au proffit d'une alliance au centre. Le projet de transformation sociale et de redistribution des richesses ? A la poubelle et vive le modèle social démocrate... Et tant pis s'il fait une politique de droite en Angleterre ou donne le pouvoir en allemagne à la droite... Ce serait le modèle innovant à suivre. Et les mêmes s'empressent soit de flatter Sarkozy pour son pseudo "mini-traité" qui n'a jamais entérer la concurrence libre et non faussée et remet profondément en cause les attentes exprimées le 29 mai 2005, soit de flatter Fillon sur les remises en cause des retraites en abondant dans son sens... Ségolène Royal ou DSK ont l'aire de bien renoncer au socialisme. Espérons que nombre de socialistes n'y renonceront pas, quitte à renoncer au PS ! Plus que jamais, dans l'opposition frontale à la droite, mobilisons l'implication populaire. Mettons en débat dans toute la gauche l'enjeu d'une force nouvelle, de gauche, républicaine et gouvernementale ! |
11:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.07.2007
Fête de la République laïque et métissée !
Venez le 14 juillet fêter la République laïque et métissée !
Et participer à l'opposition frontale contre Sarkozy qui assimile immigration et menace contre l'identité nationale comme le fait l'extrême droite ! qui remet en cause le droit d'asile, le droit au regroupement familiale, qui prévoit des objectifs chiffrés d'expulsions !
Résistez ! C'est dans le 20e que cela se passe au square Edouard Vaillant du nom d'un député socialiste du temps de Jaurès qui n'avait pas renoncer au socialisme !
De nombreuses associations seront là, le peuple motivé s'organise !
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